LE CAMPANILE

ou

LA TOUR DE L'HORLOGE

ou

LE CLOCHER DE VINON

ou

LA VOIX DE LA MAIRIE


 

Larousse nous dit : "campanile" n.m.(mot italien, de campana, cloche)
- Clocher consistant en une tour isolée. -


 
 photo office de tourisme

Jusqu'en l'an 2000 vous pouviez encore le voir comme cela.

Depuis des travaux de réfection ont été réalisés et voici son aspect actuel :


 
 
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PREAMBULE

Si de nos jours connaître l'heure n'est plus un problème, il en était tout autrement encore
au XVIIIème siècle à VINON.
Le jour et la nuit, le rythme du soleil, réglaient alors la vie quotidienne dans ce monde rural.
Seule la cloche de l'église fournissait une indication en fonction des offices religieux.
Souvenez-vous du tableau "l'Angélus" même s'il n'a été peint qu'en 1857 par MILLET.
D'autres communes avaient déjà un clocher et c'était un signe de progrès.
Aussi la communauté de l'époque voulut-elle installer au coeur de VINON et à vue du HAMEAU
un clocher communal qui marquerait la marche du temps.

UN PEU D'HISTOIRE

"La construction du clocher de VINON, projetée en 1779, débute en 1781
sous le consulat de Maximin GUIS et s'achève en 1786, sous celui de Thomas PHILIBERT.
Les premiers travaux sont entrepris par Etienne GONNARD, maréchal de forge à VINON
et par Antoine GAZAGNE, maçon à GINASSERVIS.

En 1784 le Conseil de la commune commandite maître PERARD, horloger à AIX-EN-PROVENCE. Celui-ci est à même de se préoccuper simultanément des cloches,
pour lesquelles quatre campanières ou fenêtres ont été ouvertes dans la tour du village,
et du mécanisme devant rythmer la vie quotidienne des vinonnais.
Il s'acquittera de cette tâche moyennant neuf cents livres et un contrat de maintenance dûment signé par les représentants du Conseil de VINON.

Parallèlement, un bail au maître serrurier Jacques FOSSE de LA VERDIERE
est établi le 14 août 1785 pour la construction du campanile.

Le 23 octobre 1785, VINON achète une cloche d'occasion à l'église SAINT-ZACHARIE de MARSEILLE. Elle pèse dix quintaux et coûte vingt deux sols par livre."

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LA NOUVELLE CLOCHE DU CAMPANILE

En octobre 1992, la municipalité de VINON décide d'acquérir une nouvelle cloche.
Elle sera commandée à la fonderie PACCARD à ANNECY.
Au matin du 17 juin 1993, la cloche de VINON est coulée. L'alliage utilisé pour la fondre à une température de 1100°C est composé de 78% de cuivre et de 22% d'étain.
Elle pèse 190 kg pour un diamètre de 67,5 cm. Elle a été accordée pour produire un "ré".
PROVENCE ELECTROTECHNIQUE de DRAGUIGNAN l'équipera d'un mécanisme de tintement.
Elle sera supportée par un nouveau campanile d'un poids avoisinant les 600 kg,
construit à l'identique de l'existant par une firme vinonnaise, la Société S.T.P.E
installée en zone d'activités du Pas de Menc.
Les travaux de dépose de l'ancienne structure et de pose de la nouvelle seront assurés
par quatre rotations de l'hélicoptère d'E.D.F Production-Transport
et l'assistance technique de MM. FACHINETTI et MURILLO de S.T.P.E.
qui ont fait preuve de vrais talents de funambules lors de l'opération.



 
photo Echo de Vinon

Deux inscriptions figurent sur la nouvelle cloche :


 
photo Marion

DANS
LA JOIE OU
DANS LA PEINE
MA VOIX SERA TOUJOURS
MESSAGERE DE L'ESPERANCE

et

xxxxxxxxxx GUIS,Maire et xxxxxxx Conseil Municipal

Vous remarquerez aussi la présence au sommet du campanile de l'effigie de la redoutable tarasque ce monstre légendaire présent dans le folklore des fêtes provençales.


 

En 2004, lisons ensemble le texte figurant sur la plaque apposée à l'entrée de la tour
par le Parc Naturel Régional du VERDON
" Sur les chemins du patrimoine - la tour de l'horloge et son campanile - " :

"Au XVIIIème siècle, VINON, comme la plupart des villages, voulut avoir son horloge.
A partir de cette époque, les heures furent scandées régulièrement par la cloche communale.
Pour le début et la fin des travaux agricoles, pour la répartition des tâches ou de l'eau des jardins, pour les assemblées, les départs et les arrivées, pour prévenir d'un feu ou de l'orage, tous les habitants purent compter sur cet instrument moderne.
La cloche et l'horloge furent installées dans la tour de la ville, dominant ainsi tout le territoire de la commune, les terres cultivées et le hameau, de l'autre côté du Verdon.
Au-dessus de la tour, la cloche est supportée par un campanile en fer forgé,
art typiquement provençal. On dit que ces "cages de fer" comme on les appelait à l'époque, furent inventées pour tenir tête au mistral qui décoiffait les clochers, mais elles sont aussi et surtout un élément décoratif et un emblème pour le village."

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VISITONS L'INTERIEUR

Si les travaux réalisés en 2003 et 2004 ont surtout concernés l'aspect extérieur de la tour
et surtout ses abords immédiats qui ont été totalement repensés,
l'intérieur a gardé son esprit d'origine.
Franchissons pour vous, la porte de cet édifice qui n'est pas ouvert au public.
Oublions le sous-sol et gravissons un escalier en bois qui court le long de chaque côté


 

et nous amène, dans un premier temps, au niveau de la cloche intérieure
que vous aperceviez, sur la première photo et de l'extérieur, scellée dans l'embrasure d'une fenêtre.


 

Il s'agit vraisemblablement de la cloche achetée à MARSEILLE.
Elle ne sonne plus à la volée et son contrepoids reste toujours à la verticale,
même si un anneau destiné à tenir la corde qui la balançait est toujours là.
C'est un mécanisme électrique de tintement, relié à une horloge, qui la fait sonner.
De toutes façons, il ne serait pas possible de la basculer car les quatre ouvertures à ce niveau sont toutes grillagées pour empêcher l'intrusion des oiseaux.

Le progrès du XXème siècle a amené une nouvelle fonction dans cette tour
où des hauts-parleurs, à cet étage, sont disposés à l'extérieur sur les embrasures des fenêtres :
ils sont la voix de la commune.

Continuons notre ascension et arrivons au deuxième niveau : celui de l'horloge.


 


 

Le mécanisme est désactivé; la chaîne qui le faisait fonctionner,
assortie de ses contrepoids, a été enlevée et donc elle ne se remonte plus.
Là aussi, c'est un mécanisme électrique qui fait tourner les aiguilles sur le cadran de l'horloge.

Sur ce niveau plus d'escalier, une lucarne permet d'accéder au toit, donc au campanile,
à condition de disposer d'une échelle pour l'atteindre.

Redescendons maintenant, la visite est terminée.

*

Si vous repartez en direction de MARSEILLE ou de GINASSERVIS,
observez bien le rond-point de la sortie du village :
une nouvelle vie a été donnée à l'ancienne "cage de fer" et à la "tarasque"
descendus de la toiture ils sont devenus les guides bienveillants des automobilistes de passage.

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photo office du tourisme
photo Marion
photo écho de VINON
photo ALS

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