19 MARS 1962

10 années de guerre en Afrique du Nord se terminent

 

Un peu d'histoire

L'Histoire de notre pays est jalonnée de nombreuses dates,
illustrant des faits marquants, méritant d'être connues et enseignées.

Sans en sous-estimer certaines, dont l'époque, le lieu et la nature de l'évènement
appellent considération et respect,
les dates les plus déterminantes de notre Histoire
doivent faire l'objet de commémorations publiques nationales.
Les commémorer, c'est rendre hommage à celles et ceux
dont le destin individuel s'est effacé devant celui de la Nation,
en portant dignement les couleurs de la République :
c'est rappeler à ceux qui savent, apprendre à ceux qui ignorent ;
c'est arracher à l'ignorance, tisser le fil conducteur de l'Histoire
dont sont porteuses les jeunes et futures générations
pour mieux appréhender l'avenir.

Polémique sur une date

19 mars 1962 à midi : cessez-le-feu en Algérie !
Application des Accords d'Evian signés le 18 mars entre le gouvernement français
et le gouvernement provisoire de la République Algérienne (GPRA).

ORDRE DU JOUR du Général AILLERET du 19 mars 1962


 

Les hostilités prirent officiellement fin à cette date mais le transfert de responsabilité entre les forces en présence, le désengagement progressif des troupes françaises et leur rapatriement
sur la métropole occupa le reste de l'année 1962 et même les suivantes.
En parallèle, l'exode des populations de souche française et le lamentable abandon sur place des supplétifs musulmans, contribuèrent à créer un malaise qui dure encore de nos jours.
Ceux qui ont vécu dans leur chair cette douloureuse période ne sont pas enclins à considérer
la date du 19 mars 1962 comme celle de la fin de la guerre d'Algérie
mais seulement l'aboutissement de son volet militaire.

Certes le référendum organisé le 8 avril 1962 par le Général De Gaulle
approuva massivement les options prises lors des accords d'Evian.
Mais pouvait-il en être autrement ?
Depuis, chacun campe sur ses positions.
Des associations de défense se sont constituées toutes sûres de leur bon droit.
Aucun politique n'a réussi à apaiser les esprits.
L'inauguration à Paris, le 5 décembre 2002, du Mémorial National destiné, par le gouvernement de l'époque, à fixer cette date comme celle de l'hommage national officiel devant rappeler le souvenir des victimes militaires en Afrique du Nord, n'a fait que raviver les dissensions.
Lors de la récente élection présidentielle, le futur président aurait déclaré :" je comprends cependant que certaines associations souhaitent célébrer tel ou tel événement qu'elles jugent particulièrement digne d'une commémoration. Elles sont libres de le faire en liaison avec les autorités notamment territoriales et j'en garantirai le bon déroulement..."

La polémique a encore de beaux jours devant elle.

**

Une stèle du 19 mars 1962 à Vinon-sur-Verdon

Le mardi 19 mars 2002,
c'est à l'occasion de la célébration du 42 ème anniversaire du cessez-le-feu en Algérie,
qu'un monument dédié au souvenir des combattants d'Afrique du Nord
a été inauguré place du 19 mars 1962
au centre du vieux village de Vinon.


 

Fruit du travail des services techniques de la commune,
il est agrémenté de deux plaques en marbre offertes par la Conseil Général du Var
comportant les inscriptions suivantes :
PLACE DU
19 MARS 1962
CESSEZ-LE-FEU
DE LA GUERRE D'ALGERIE

pour l'une

et pour l'autre
HOMMAGE AUX COMBATTANTS
ET VICTIMES DE GUERRE
ALGERIE MAROC TUNISIE
1952-1962


Six drapeaux d'associations patriotiques de Vinon et de communes avoisinantes se sont inclinés lorsque Dominique JOUBERT, maire de Vinon, entouré de Guy LOMBARD, conseiller général,
Albert BEISSIER et Guy JURAVER, du bureau départemental de la FNACA,
Marc BOURGIS, président du comité local FNACA,
Auguste GOMBERT, Président de l'ARAC,
Louis ROBERT, Président de l'AMMAC,
ainsi que
de délégations FNACA de Barjols et de Rians,
auxquels s'était jointe une foule d'une centaine de membres de ces associations,
a dévoilé ce monument du souvenir
pour que les vinonnaises et les vinonnais n'oublient jamais.


***




19 mars 2008 - 46ème anniversaire du cessez-le-feu en Algérie -

VINON-SUR-VERDON se souvient

C’est un cortège conduit par Claude CHEILAN, maire de la commune,
précédé de quatre drapeaux d’associations d’Anciens combattants,
qui s’est rendu au monument aux morts, pour le traditionnel dépôt de gerbes.


 

celle de la FNACA


 

celle de la commune de Vinon-sur-Verdon


 

déposées en hommage aux morts pour la France


 

Une remise de décorations s’est déroulée ensuite :

Adrien BREGANTE a reçu la Croix du Combattant
des mains du président de la section vinonnaise de la FNACA, Pierre-Michel PAYRAULT.


 

Jacques BOULAYa reçu la Médaille Commémorative d’Algérie
qui lui a été remise par Claude CHEILAN


 

et s’est vu décerner le Titre de Reconnaissance de la Nation
par le conseiller général, Guy LOMBARD.


 

Puis, l'ordre du jour du Général AILLERET en date du 19 mars 1962
est lu par Claudia, élève de 3ème au collège Yves MONTAND.


 

C'est au tour de Pierre-Michel PAYRAULT, président du comité local de la FNACA,
de lire le message du comité national


 

qui a précédé l'allocution du maire de Vinon-sur-Verdon :

" Monsieur le Président, Monsieur le Conseiller général,
Messieurs les porte-drapeaux, Mesdames, Messieurs, Chers amis.

Nous voici réunis devant notre monument aux morts pour la France.
Nous avons un devoir de mémoire, nous devons nous souvenir de tous ces soldats
qui se sont battus pour notre patrie, qui sont morts pour sauvegarder nos valeurs, notre liberté. Le 19 mars, le 8 mai,
le 11 novembre, ces dates marquent la fin des conflits, elles n'effacent pas les blessures, elles n'effacent pas la peine des familles touchées par la disparition d'un être cher. Tous ensemble, nous émettons le souhait que la perte de toute cette magnifique jeunesse, de toutes ces forces vives de la Nation,
soit un gage d'avenir meilleur pour les générations futures.
Que les fondements de notre République perdurent pour que la Liberté, l'Egalité et la Fraternité
s'étendent au reste du monde, pour que le sacrifice de ces femmes et de ces hommes morts au combat,
constitue le ferment de la paix entre tous les peuples, entre tous les pays.
La France conserve précieusement le souvenir de ceux qui restent dans L'Histoire.
Alors que disparaît Lazare PONTICELLI, le dernier des "poilus" de la Première Guerre mondiale, la Nation toute entière souhaite aujourd'hui témoigner sa reconnaissance aux millions de soldats qui ont servi sous ses drapeaux.
Aux millions d'entre eux qui y laissèrent la vie, aux blessés, aux mutilés, aux victimes civiles aussi.
Les monuments aux morts de chacun de nos villages témoignent, par l'énumération des noms
de ceux qui ont perdu la vie au combat, de l'immense douleur infligée aux familles.
Il restera toujours des traces indélébiles de ces conflits.
Souhaitons que notre patrie demeure un exemple de paix :
vous en êtes la mémoire vivante aujourd'hui.
Vive la République !
Vive la France ! "



Une minute de silence a été observée par l'assistance avant que l'hymne national soit interprété par l'Harmonie du Verdon.

***


Le cortège s’est ensuite dirigé vers la place du 19 mars 1962, où deux gerbes ont été déposées au pied du monument"du 19 mars 1962": celle de la commune en hommage aux combattants et l'autre à la mémoire de Marc BOURGIS, le regretté président du comité local FNACA.


 
photo Marion

Après une minute de silence, Monsieur CHEILAN a rappelé dans une brève allocution
l'engagement des appelés dans ce conflit :


 
photo Marion

" nous voici maintenant devant ce monument édifié par la commune
à la demande des combattants d’Afrique du Nord
pour commémorer l’anniversaire du cessez-le-feu qui mit fin à huit ans de guerre.
pour honorer aussi les victimes civiles et les combattants du Maroc et de Tunisie.

Aux deux millions de jeunes du contingent appelés pour deux ans et parfois plus,
aux trente mille soldats tués, disparus ou morts des suites de leurs blessures,
nous exprimons notre profonde gratitude.
Les jeunes générations ont un devoir de mémoire mais il vous appartient à vous,
anciens combattants,
vous que l’on a envoyé si jeunes au combat, d’écrire cette mémoire pour qu’elle ne se perde pas,
pour qu'elle continue de vivre , pour servir d'exemple aux jeunes générations.

Je suis père et j'imagine le déchirement de vos familles quand vous avez embarqué pour l'Afrique du Nord.
C'est à vous qu'il appartient de raconter votre Histoire, le souvenir des mauvais coups, la perte de vos amis.
Ce conflit restera inscrit dans notre mémoire collective car la Nation toute entière
se doit de garder en permanence le souvenir de vous, valeureux soldats, qui avez tant donné pour elle.

Vive la République ! Vive la France !"




Beaucoup d’émotion à l'occasion de cette halte
qui a mis fin à la commémoration de ce 46ème anniversaire.

*

Un vin d'honneur offert par la municipalité
dans un établissement du village a prolongé cette manifestation.

**

Voici le regard de la presse sur l'événement


 
Haute Provence info 28 03 2008


 
La Provence 28 03 2008
avec une correction : "Pierre-Michel Payrault n'a pas été décoré. Il a décoré"


***


19 mars 2009 - 47ème anniversaire du cessez-le-feu en Algérie -

VINON-SUR-VERDON se souvient

C’est un cortège conduit par Claude CHEILAN, maire de la commune,
précédé de trois drapeaux d’associations d’Anciens combattants,
dans lequel on remarquait la présence du Conseiller Général Guy Lombard,
qui s’est rendu au monument aux morts, pour le traditionnel dépôt de gerbes.


 
photo Jo Boudier

 

photo Jo Boudier

Celle de la FNACA, suivie de celle de la commune de Vinon-sur-Verdon


 
photo Jo Boudier

déposées en hommage aux morts pour la France

Cette année, un groupe d'élèves de CM de l'école primaire
conduit par leur directeur et leur enseignante,
s'est joint aux vinonnais dans leur recueillement,
apportant une note de fraîcheur à la manifestation.
Ils déposèrent ensuite, un à un, une rose du souvenir


 
photo Jo Boudier

qui furent accompagnées par d'autres,
apportées par d'anonymes citoyens.

Puis, l'ordre du jour du Général AILLERET en date du 19 mars 1962
est lu par Jennifer, élève au collège Yves MONTAND.


 

C'est au tour de Pierre-Michel PAYRAULT, président du comité local de la FNACA,
de lire le message du comité national


 

qui a précédé l'allocution du maire de Vinon-sur-Verdon :

Monsieur le Président,
Monsieur le Conseiller Général,
Messieurs les porte-drapeaux,
Mesdames, Messieurs,
Chers amis.

La commémoration du cessez-le-feu en Algérie le 19 mars 1962,
nous donne l'occasion de nous recueillir devant notre "monument aux morts pour la France".
Nous avons un devoir de mémoire, nous devons nous souvenir de tous ces soldats
qui se sont battus pour notre patrie, qui sont morts pour sauvegarder notre liberté.
Il nous faut aider les jeunes générations à retrouver le sens de la citoyenneté,
à construire leur personnalité morale et intellectuelle en harmonie avec nos valeurs républicaines.
Que serions-nous devenus sans ces idées patriotiques ?
Oeuvrons pour que la devise de la République Française
" Liberté, Egalité, Fraternité "
ne résonne pas en vain dans un monde en pleine mutation.
Oeuvrons pour que ces fondements constituent le ferment de la paix
entre tous les peuples, entre tous les pays.
Les monuments aux morts de chacun de nos villages énumèrent les noms
de ceux qui ont perdu la vie au combat, ils sont le témoignage de l'immense sacrifice
de ces femmes et de ces hommes au nom de la liberté.
En cet instant, la pensée de chacun se tourne vers ces innocents au destin brisé, vers ces victimes de guerre, vers ces combattants qui nous ont appris la grandeur du patriotisme.
Et par delà le silence de la mort, ils nous parlent encore
au travers de la souffrance infligée à leur famille.
La compéhension, le respect de l'autre et la solidarité humaine
sont les seuls remparts contre la barbarie
qui à chaque instant, si nous n'y prenons garde, peut submerger le monde.

La France conserve précieusement le souvenir de ceux qui restent dans l'Histoire.

Nous ne les oublierons jamais.

Vive la République, Vive la France.


Une minute de silence a été observée par l'assistance avant que l'hymne national ne résonne et ne soit chanté par les élèves de l'école primaire regroupés au pied du monument.


 
photo Jo Boudier


 
photo fnaca

***


Le cortège s’est ensuite dirigé vers la place du 19 mars 1962,
où deux gerbes ont été déposées au pied du monument "du 19 mars 1962":
celle de la commune en hommage aux combattants
et l'autre, par le président de la FNACA, en souvenir des conflits.

Après une minute de silence,
Monsieur CHEILAN, maire de la commune, a rappelé
dans une brève allocution la signification de cette date du 19 mars 1962 :

Nous voici à présent devant ce monument édifié par la commune
à la demande des anciens combattants d'Afrique du Nord.
Le 19 mars 1962 à midi prend officiellement effet un cessez-le-feu
qui met fin à huit ans de guerre en Algérie...


Une fois encore les premiers couplets de la Marseillaise furent repris en choeur par l'assistance


 
photo Jo Boudier

avant que la manifestation ne se termine
et que les participants ne soient conviés au verre de l'amitié dans un établissement du village.

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