² ELIGUNE
 

 
 
 
LES MOSAIQUES DE PEBRE

dallages de l'époque romaine

 

Aujourd’hui englobé dans l’agglomération de VINON-SUR-VERDON,
le domaine agricole moderne de PEBRE recèle dans son sol
les vestiges du même domaine, lui-aussi agricole, de l’époque romaine.

(1)«Sur le site, connu depuis le début du XIXème siècle,
le marquis de Brossard découvrit en 1859 une mosaïque géométrique.
Enfouie par la suite, elle fut redégagée à l’occasion de la visite de G. LAFAYE en 1881,
puis à nouveau par l’abbé CHAILLAN et Fr. ROUSTAN en 1919,
qui découvrirent à cette occasion une autre mosaïque à panneaux historiés et décor bachique.
Ils laissèrent la première en place (sauf un fragment déposé dans le baptistère de RIEZ)
et firent déposer la seconde qui, transportée à Manosque,
est encore conservée sous le préau d’une école. »

(1)extrait de « Carte Archéologique de la Gaule » 1998 – AG 83/2 - commune 150 – page 864

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Donc, il est inutile de vous précipiter au domaine de Pèbre, car il n’y a rien à y voir.

Par contre, rendez vous à MANOSQUE dans le quartier du Parc de DROUILLE.
Empruntez la magnifique allée JOUBERT, arborée, qui part du boulevard Majoral ARNAUD
juste au-dessous du parking de Prisunic, pour arriver à la villa du Dr. JOUBERT (d’époque 1930).
Aujourd’hui, propriété de la ville de MANOSQUE, cette villa abrite une crèche
que vous atteindrez par une passerelle. Demandez alors l’autorisation de voir la mosaïque.
Les trois panneaux sont là, appuyés contre la paroi de la villa, sous la passerelle.
Une protection grillagée les met hors de portée des visiteurs.


 

Dans un angle vous trouverez le panneau apposé par le service des Monuments Historiques :


 

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Pour le fragment de mosaïque « géométrique » qui se trouve
entreposé au Musée lapidaire dans le baptistère de RIEZ,
il s'agit d'une mosaïque rectangulaire d'environ 1,25 m x 1,50 bien conservée

 

Elle comporte en son centre un "noeud de Salomon" fréquent sur les ouvrages de l'époque.

Ce musée est ouvert du 15 06 au 15 09
le mardi, le vendredi et le samedi à 18h00 pour une visite guidée.
Il convient de s'en assurer auprès du bureau du tourisme de Riez - tel 04 92 77 99 09.
Pour les autres périodes, le musée n'est accessible qu'aux groupes sur réservaton.



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Peut-être faites-vous partie de ces heureux vinonnais
qui reçurent en carte de voeux de l'an 2000,
la reproduction du fragment de la mosaïque la mieux conservée
avec pour légende "J'étais à Vinon il y a 2000 ans"



 
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Concentrons-nous maintenant sur chaque panneau visible, d'abord sur celui du centre représentant les " Trois Grâces " :


 

Les parties grisées que vous observez sur cette photo
correspondent à un apport de ciment là où les fragments de céramique ont disparu.
L’inscription latine visible au bas du panneau n'est que le tiers d’un vers distique de MARTIAL.
(poète latin du Ier siècle).
Dans le tableau (2,18 x 1,82 m), on voit une femme debout, tenant une fleur à la main.
Des deux autres personnages représentés, il ne subsiste que les pieds.

En voici un croquis réalisé par M. l’Abbé CHAILLAN, extrait du « Bulletin Archéologique » 1919.


 

Le visiteur de passage à VINON devrait trouver à ce stade, dans ce qui précède,
matière à satisfaire sa curiosité.

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Ces fouilles successives comportant des découvertes suivies de ré-enfouissements, accompagnées de sondages archéologiques en 1989 dans la zone placée à l’est du secteur des mosaïques, donnent à penser que PEBRE n’a pas encore dévoilé tous ses secrets.
Ce qui n’a pas empêché les spécialistes en archéologie de procéder à diverses interprétations des éléments recueillis.



Revenons sur celle reprise dans "Carte Archéologique de la Gaule" 1998
- AG 83/2 - commune 150 - p. 864/865/866


 
Le panneau central (2,18 m x 1,82 m) montre les Trois Grâces
dont seules deux figures sont conservées.


Détail en couleur de ce panneau :


 

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Le panneau de droite (2,10 m x 1,70 m) est orné de deux personnages
vêtus comme des paysans, l'un portant un "galerus" rond;
ils discutent en montrant du doigt un bouc qui broute une vigne haute.
Il s'agit d'IKARIOS désignant à un compagnon le bouc sacrilège à sacrifier à BACCHUS.

Détail en couleur de ce panneau :


 

Autre vue en couleur des personnages :


 

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Le panneau de gauche (2,10 m x 1,70 m) représente BACCHUS
nu, appuyé sur le thyrse (*) faisant une libation avec une amphorette,
et IKARIOS, portant des chaussures montantes lacées,
tenant des grappes dans les plis de son vêtement.

(* Le thyrse est l'emblème de DIONYSOS, fait d'un bâton entouré
de feuilles de lierre ou de vigne et surmonté d'une pomme de pin)

Détail en couleur de ce panneau :


 

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Au bas des trois scènes court un distique (*) de MARTIAL :
(*)(groupe de deux vers formant un sens complet)
en latin
"Qui ducis vultus et non legis ista libenter,"
"Omnibus invideas, livide, nemo tibi"
en français
" Toi qui fronces le sourcil et ne lis pas ceci de bonne grâce,"
"puisses-tu, affreux jaloux, porter envie à tout le monde et que personne ne t'envie."


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Les avis divergent quant au rapport entre l'iconographie des trois mosaïques
et le texte de l'inscription.
Le message qui s'adresse au visiteur de la demeure pourrait être commenté ainsi :

" Je te reçois comme IKARIOS a reçu DIONYSOS,
mais toi, ne succombes pas à l'envie en voyant la richesse de ma demeure.

Tu connaîtras alors la joie, les réjouissances et les plaisirs que procurent BACCHUS et VENUS."

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On se plaît à rêver au retour sur VINON de cette mosaïque.
Elle a déjà sa place au bord du VERDON, où elle pourrait orner, comme fresque cette fois, l'austère préau du Moulin de SAINT-ANDRE.

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POST-SCRIPTUM

Un vinonnais nous dit :" l'importance de tels dallages dans un domaine agricole surprend.
Soit les propriétaires étaient richissimes, soit l'établissement avait une autre fonction.
Et pourquoi pas un établissement de bains ou un établissement thermal
dont les Romains de l'époque étaient friands ?
Des sondages récents n'ont-ils pas signalé la présence d'un canal en direction du Verdon ?"

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ET SI LE REVE DEVENAIT REALITE ?

On ne peux que l'espérer à la lecture d'un article de La Provence
paru le 7 octobre 2012 sous la plume de Jean-Pierre Tissier :

"LA MOSAÏQUE DES TROIS GRÂCES DE DROUILLE EST EN DANGER"

Le conseil municipal de Manosque, lors de sa séance du 20 septembre 2012, a adopté le principe de la restauration de cette pièce exceptionnelle ainsi que le plan de financement approprié assorti de demandes de subventions auprès des organismes concernés.

- Pour un coût estimé de 30.000 € : l'Etat via le DRAC 40%, le Conseil Général des Alpes de Haute Provence 15%, la ville de Manosque 45%, seraient sollicités.

En effet, mise à jour 1ors de fouilles en 1919 à Vinon-sur-Verdon, elle avait été transportée en 1922
à Manosque jusqu'au château de Drouille, propriété de la famille Joubert.
Mais depuis son application sur un des murs extérieurs du château, et malgré son classement
en "monument historique" en 1923, rien ne s'est passé pour elle.
En 1969, le château de Drouille, où était entreposée temporairement la mosaïque,
a été racheté par la ville de Manosque.

Affaire à suivre...

L'évènement du jour


 



LA MOSAÏQUE DES TROIS GRÂCES VA ENFIN ÊTRE RESTAUREE

C'est la bonne nouvelle que nous apprend un article paru sur le journal La Provence
en date du 19 janvier 2014.

Selon l'information donnée par le service culturel de la ville de Manosque : "la mosaïque va être restaurée et exposée ensuite dans un lieu culturel tout en précisant qu' elle appartient à la ville et que les subventions demandées ont été accordées

Quatre appels d'offres ont été lancés et c'est l'atelier de restauration
des mosaïques gallo-romaines de Saint-Romain-en-Gal qui a été choisi
La mosaïque sera déposée en mai ou juin 2014 pour y être transférée"



- ce qui précède est un complément de la monographie contenue dans ce site internet.-

Bonne nouvelle en demi-teinte pour VINON
car l'hypothèse d'un retour vers le lieu de sa découverte s'éloigne.

Sauf...si nous pouvons proposer " un lieu culturel " tout indiqué avec la médiathèque de VINON financée par la DLVA qui va être inaugurée courant février 2014.



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Comme prévu, la mosaïque a été démontée cet été avec beaucoup de soins
et c'est en trois panneaux distincts qu'elle est partie rejoindre l'atelier de restauration.


 
photo Le Provence

L'article paru sur La Provence laisse entendre que
les travaux de remise en l'état du décor pourraient durer de "six à douze mois"
et le journaliste insiste bien sur le fait que
ce "bien communal" qualifié de "trésor caché" ,
à son retour sur Manosque, trouvera un autre lieu d'exposition non encore précisé.

 

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