Le moulin de Saint-André

ou

les deux vies du moulin de Saint-André


 

 
En 2008 le promeneur qui quitte le village pour se rendre au Hameau passe nécessairement par le pont du 15 août 1944. Sur la rive droite de la rivière Verdon, il ne peut pas ne pas être interpellé par l'imposante bâtisse qui la surplombe.


 
photo ALS

En s'en approchant, il remarquera que les ouvertures sur cette face sud sont obstruées au niveau de la rue Saint-André ; par contre l'étage supérieur est, lui, ouvert sur la rivière.


 
photo ALS

Depuis le pont, son attention sera attirée, au pied de cet édifice, par un petit local
ayant presque les pieds dans l'eau. C'est le siège du club sportif de canoë-kayak.
Au bout du pont, il est arrivé au Moulin de Saint-André.


 
photo ALS

En continuant sa progression il passera d'abord devant l'aile sud qui abrite le cinéma-théâtre,
ce qui explique les ouvertures masquées de cette "salle obscure".


 
photo ALS

Puis il verra la cour intérieure, surmontée d'un auvent d'origine judicieusement conservé,
avec ses défenses austères qui la font ressembler à un château-fort.


 
photo ALS

Au fond de cette cour, il devine une ouverture donnant accès à la façade est
abritant le centre d'hébergement dédié à une clientèle de groupes culturels ou sportifs,
dans lequel il ne pourra pas se rendre car les grilles sont toujours fermées.

*

Etant maintenant arrivé à l'aile nord,
occupée au rez-de-chaussée par l'office du tourisme communal
il pourra y faire une halte et s'y procurer toutes les informations sur notre beau village,
- qu'il n'aura pas trouvées sur ce site -
et visiter à l'étage, si le coeur lui en dit, un espace dédié aux réunions et séminaires
- largement ouvert à tous -.


 
photo ALS

Le corps principal en forme de U s'arrête là,
même si un local technique lui a été adjoint lors des derniers travaux
- c'est la rançon du progrès -

*

Nous l'invitons à contourner le bâtiment pour découvrir son ouverture sur les berges de la rivière


 
photo ALS

après être passé sous la structure vitrée qui rappelle un peu les "bow windows" anglais,


 
photo ALS

en ayant noté chemin faisant qu'une conduite, sortant de sous le bâtiment,
débite un flot d'eau ininterrompu qui s'en va rejoindre le Verdon tout proche.

***

Le promeneur vient de faire connaissance ce que nous appelons
" la seconde vie du Moulin de Saint-André "
lieu de rencontres, culturel et touristique.

Tout nous incite à découvrir sa première vie.

***

Remontons maintenant dans le temps.

Pour cela, empruntons aux discours d'inauguration de décembre 2002, l'historique suivant :

Les seules industries disponibles à Vinon au XIXème siècle
étaient celles qui pouvaient être animées par la force hydraulique du Verdon.
Ce cours d’eau ayant un régime de gros torrent méditerranéen,
il était opportun d’amener l’eau jusqu’aux machines afin d’en utiliser sa force.

Trois moulins à farine furent construits, deux au village, sur la rive gauche,
et un au Hameau, sur la rive droite : le Moulin de Saint-André.

L’histoire du moulin de Saint-André,
du nom du quartier de Vinon où il se situe, débute lorsque monsieur Léon Martin demande,
le 12 janvier 1874, l’autorisation de dévier les eaux du Verdon au Préfet du Var.
Autorisation qu’il obtient le 30 juillet 1874.

Il peut alors commencer la construction du moulin, réalisée sur un rocher promontoire en aval du pont sur le Verdon qui date, lui, de 1789. Cette construction a englobé une petite chapelle que l’on peut encore deviner dans les caves du moulin.

Les pierres des murs épais proviennent de la carrière de roches calcaires
situées au-dessus du lieu-dit " Collet de Pégouy ". - de cette carrière avaient déjà été extraites les pierres utilisées pour les digues du Verdon élevées en 1870 -

Les poutres des charpentes sont arrivées, par flottaison sur le Verdon, des forêts des Gorges. Certaines avaient plus de 60 centimètres de diamètre et près de 20 mètres de long.

Une prise dans le Verdon, au niveau du " Collet des Fourches ",
amenait l’eau au moulin par un canal d’un kilomètre et demi.
La roue à aube entraînait les diverses machines
à moudre le froment qui provenait de toute la région.


 
carte postale de 1920 - collection Alain Delorme

Léon MARTIN vend son moulin à monsieur MAILLARD le 3 mai 1887.
Le fils de monsieur MAILLARD vend à son tour le bâtiment à monsieur RICHAUD
qui, à sa mort, a pour seule héritière madame WENNEWALD
qui en demeurera propriétaire jusqu'à son décès le 5 janvier 1976.

Le bâtiment, agrandi au fil des ans par ses propriétaires successifs, se composait,
de la partie moulin proprement dit où se situait la roue à aube
qui entraînait les machines : c’est le bâtiment près du Verdon.


 
carte postale de 1908 - collection Alain Delorme

Au centre, le logement du meunier et le stockage des farines ;
au nord, les écuries et le grenier à fourrage ;
la cour centrale était couverte sur toute sa surface par des auvents à la charpente imposante.

Le moulin de Saint-André fonctionna avec l’eau du Verdon jusqu’en 1953,
date à laquelle l’électricité entraîna les moteurs des meules et tamis.

Le dernier meunier, Henri Faure, cessa son activité en 1976.
La commune de Vinon-sur-Verdon décida alors d’acquérir le bâtiment et
le rachète aux héritiers par voie d’expropriation en 1984.


***

Ainsi s'achevait la première vie du moulin.
Le blé des plaines de Pélonnière et des Iscles ne serait plus transformé ici en farine nourricière dont la fragrance se répandait alors dans les maisons du Hameau.

***

Il s'en suivit une longue période de silence
que la grosse bâtisse supporta mal et qui la vit se délabrer au fil des ans.

La commune, propriétaire du bâtiment, peine à lui trouver une utilisation précise
malgré plusieurs projets qui furent élaborés mais dont aucun ne prit forme.

Une étincelle de vie le parcourut en 1985,
Radio Verdon lançait sur les ondes ses premières émissions
à partir de son studio ... installé au bord du Verdon
dans l'aile nord du moulin, sommairement aménagée,
mise à disposition par Yves GUIS, Maire à cette époque.
Même si un beau matin elle a déménagé aux Rouvières
dans la Commune de Saint-Julien le Montagnier, elle est née à Vinon-sur-Verdon.

Puis le silence est revenu et il faudra attendre l'année 1995 pour que la nouvelle équipe municipale, conduite par Dominique JOUBERT, s'attache, dès son élection,
à concevoir et à réaliser la réhabilitation de l'ensemble .

***

L'importance des travaux envisagés mérite toute notre attention.
La trésorerie communale était loin de se permettre de supporter le coût de telles transformations
même en les échelonnant sur plusieurs années.
Il était nécessaire de rechercher des concours financiers
et pour cela il fallait que le projet soit reconnu et le dossier bien structuré.

Et il le fut ...

La mission de concevoir la métamorphose de ce qui restait
de ce bel édifice industriel du siècle passé en un édifice moderne,
capable de recevoir en son sein les nouvelles activités retenues,
a été confiée aux cabinets d'architectes
BONHOMME et LAVIER de Vinon et RISPOLI DERUAZ de Marseille.
Le challenge était délicat ; il fallait y faire entrer le progrès sans toucher à la structure originelle.

Mission accomplie ...

Associant les compétences techniques de Var Aménagement et Développement en tant que Maître d'Ouvrage délégué, la commune est en mesure de déposer un permis de construire
en mars 1999 qui sera accordé en septembre 1999.

L'heure est maintenant au financement.
Toutes les institutions consultées : le Conseil Général du Var - le Conseil Régional - le FNADT pour l'Etat et enfin l'Europe - ont répondu favorablement et ont fait confiance à la commune.

Un appel d'offres est lancé et il sélectionnera onze entreprises
qui, de 2000 à 2002, participèrent aux travaux de la première tranche.


En juin 2002, ces travaux sont achevés.
L'Office du tourisme et la salle de cinéma sont ouverts au public.

Une nouvelle vie du Moulin de St André commence.

 

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