NOTRE-DAME DES TOUSQUES
ou
NOTRE-DAME DE LA DURANCE
 

 

 

Où la trouve-t-on ?

Sur une carte « Michelin » : dans la Plaine de Peyre-Verde.


 

Comment y accéder ?

· En 2007, il n’y a aucun balisage.

· Au départ de VINON, il y a deux voies d’accès :

Au rond-point de sortie de VINON sur la D 554,
prendre la direction Zone d’Activités du Pas de Menc, et continuer tout droit jusqu’à atteindre la ferme de la Désirade. Là sur la droite, emprunter un chemin non goudronné, qui passe devant la chapelle.
ou
A 1 km du rond-point, sur la D 554 en direction de Manosque,
prendre la direction de l’aérodrome, à gauche au carrefour aménagé. A l’entrée de l’aérodrome, utiliser les voies sur la droite ou sur la gauche, qui ceinturent l’aérodrome et passent à proximité de la chapelle.

 
Positionnement par rapport au village :
· Domine les Iscles de Notre-Dame qui sont des terres agricoles situées entre le lit de la Durance et la Plaine de Peyre-Verde.

Positionnement par rapport aux rivières :
· Fait face du confluent de la Durance et du Verdon. Avec le temps, le cours des deux rivières a été régulé par des barrages et leurs flots ne viennent plus battre les flancs de la Plaine de Peyre-Verde. Ceci explique sa position dominante actuelle.

Positionnement par rapport à l’aérodrome :
· Elle se situe approximativement dans l‘axe de la piste principale n° 28.

Positionnement géographique :
· Elle est orientée Ouest-Est.

*

Voici ce que vous découvrirez en arrivant :
Face à la Durance, sur son tertre dans un environnement de « tousques », ce qui reste de l’abside de ce qui devait être une chapelle.


 

Face à l’aérodrome, le dos de ce vestige rappelle bien les proportions du bâtiment qui était déjà décrit comme « dirupte » au XVIIIème siècle.


 

Au fil des ans, ce bien devenu communal, est resté dans l’état où l’avaient trouvé les ecclésiastiques chargés de la visiter et le progrès l’a ceinturé de canalisations d’arrosage et l’a transformé en dépôt de poteaux électriques déclassés.


 

Il existe pourtant le long de la Durance des chapelles épargnées par le temps.

*

Pourquoi donc un lieu de culte à cet endroit ?

Laissons le soin à ceux qui se sont penchés sur l’étude de ces vestiges, de répondre :

« Cette chapelle fut-elle jamais autre chose qu’un pauvre prieuré à l’écart, dépendant de l’Abbaye bénédictine de Saint André à Villeneuve-lez-Avignon
ou bien, auparavant, une communauté de villageois, d’esclaves gallo-romains puis des serfs des seigneurs, qu’on avait fixé là exploitant la Pélonière et les basses plaines de la Durance
ou encore un sanctuaire primitif lié à la navigation des radeaux sur cette rivière ? » ( 2 )

« A Notre-Dame est dédiée une chapelle de terroir construite à l’emplacement de l’ancienne réunion des eaux de la Durance et du Verdon, au milieu d’une végétation touffue qui valut à Notre-Dame le surnom de « des Tousques »,
et non de la Durance comme le signalent les cartes topographiques contemporaines.
L’existence de cette chapelle a été souvent reliée à celle d’un couvent situé à La Clape ».
« On peut supposer alors qu’il datait du XIIème ou XIIIème siècle, siècles auxquels on attribue les ruines de Notre-Dame ;
le couvent aurait disparu au cours des deux siècles suivants :
les visites pastorales des églises du diocèse d’Aix de 1421, 1427 et 1486 signalent que la chapelle est ruinée et désaffectée.
Le sanctuaire retrouve donc par la suite un regain de vitalité.
Simple regain comme en témoignent la présence d’un unique capucin, qui finit même par déserter les lieux en 1738, et la nécessité permanente d’entreprendre des travaux pour sauvegarder la chapelle de la ruine. » ( 1 )

Claude Brun note en 1895 : « l’ancien couvent de Notre Dame des Tousques : seule la chapelle reste debout et elle est en grande vénération.» (2)

« Notre-Dame des Tousques ne joue pas en fait le rôle d’une chapelle secondaire, elle devient avec le temps un lieu de pèlerinage ;
à Notre-Dame on vient en procession demander la pluie quand les récoltes roussissent sous le soleil accablant. » (1)
« Elle était, de mémoire d’anciens, lieu de pèlerinage, en particulier pour demander la pluie. » (2)

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L'abbé Léon Spariat, prêtre du Félibrige,
L'abat Leioun Spariat, prèire dou Félibrige,

a écrit le 1er mai 1887, depuis les Rouvières, le cantique qui suit :

CANTIQUE A NOTRE-DAME DE PROVENCE OU DES TOUSQUES
CANTICO DE NOSTRO-DAMO DE PROVENCO O DEI TOUSCO
PATRONNE DE VINON ET DU GRAND SOLEIL
PATRUNO DE VINOUN ER DOU GRAND SOULEOU

I

Notre-Dame de Durance,
Nostro-Damo de Durènço,
A tes pieds sommes à genoux; (bis)
A tei pèd sian à geinous:(bis)
Pour Vinon, pour la Provence,
Pèr Vinoun, pèr la Prouvènço
Nous te prions, écoute-nous !
Te pregan, escouto-nous !

Refrain
Refrin

Tourne-toi vers tes fils, tourne-toi vite !
Viro-te ! Vers tei fiéu, viro-te léu !
Chasse au loin le mal, les fléaux,
Coucho luen lou mau, lei flèu,
Vite ! vite ! vite !
lèu! lèu! lèu !(bis)
Envoie la pluie et le soleil aussi !
Mando plueio emai soulèu !
Vers tes fils tourne-toi vite,
Vers tei lièu viro-te lèu,
Chasse au loin le mal, les fléaux,
Coucho luen lou mau, lei flèu,
Envoie la pluie et le soleil aussi !
Mando plueio (bis) emai soulèu !(bis)


Des 22 couplets qui le composent nous avons retenu, en dehors du premier,
le XVIII, XIX, XXI & XXII qui reflètent bien les suppliques adressées à la Vierge
alors que les 16 couplets précédents
évoquent plus la découverte par un paysan de la statue inattendue en ce lieu
et que le XXème est une menace, dans le langage de l'époque,
aux "ennemis de la religion".


XVIII

Et comme eux,bonne Mère,
E coumo éli, bono Maire,
A genoux nous te prions,
A geinous te pregaren,(bis)
Et de notre coeur aimant
E de nostel couer amaire
L'humble hommage te ferons.
L'umble oumage te faren.

XIX

Nous te dirons de coeur, de bouche,
Te diren de couer, de bouco,
Envoie la pluie et le soleil aussi !
Mando plueio emai soulèu !(bis)
E de nos pauvres ceps
E de nostei pàurei souco
Envoie loin l'horrible fléau !
Coucho luen l'ourrible flèu !

XXI

Nous ne sortirons pas de ta chapelle
Sourtren pas de ta capello
Sans t'offrir prières et voeux
Sèns t'oufri preièro e vot(bis)
Pour les hommes, vierge belle,
Pèrlei ome, Vierge bello,
Qu'ils te soient plus dévots !
Que te siegon mai devot !

XXII

Dans le bois, toi qu'ils ont trouvé
Dins lou bos, tu qu'an trouvado
Dans la broussaille, ainsi se dit,
Dins la tousco, ainsi se dis,(bis)
Un beau jour, oh bienheureuse !
Un bèu jour, o Benurado !
Qu'ils te trouvent au Paradis.
Te trouven en Paradis.

Les avis divergent quant aux dates de cette procession.
La mémoire des anciens nous dit qu'elle avait lieu le 1er dimanche du mois de mai en même temps que la fête du Hameau ou le dimanche suivant celui des communions,
alors qu'un historien la situe au mois d'août
Demander le soleil et la pluie et éloigner le phylloxéra en août parait bien tardif ...


****
 

Après cette visite, on peut tout naturellement se poser la question de son devenir.
Le peu d’importance de ce vestige justifie-t-il une amorce de réhabilitation ?
Ou les intempéries continueront-elles leur œuvre de destruction ?

****
 
Avant de quitter ce lieu , retrouvez le pavage encore visible,
puis avancez-vous jusqu’au bord du « tor » et imaginez la turbulente Durance
arrivant à vos pieds avant que son cours ne soit régulé…….

Au siècle de la protection de l’environnement et des randonnées, un simple nettoyage des lieux et un banc de repos seraient de circonstance ! ! !
 




 
Bibliographie :
La mémoire vinonnaise (1)
Les terroirs de Vinon et alentours (2)

 
 

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