Paul BLanc et les eaux-fortes qui firent sa renommée

Il aurait été injuste de limiter aux peintures à caractère religieux l'oeuvre de Paul BLANC
qui s'est fait connaître dans le courant du XIX ème siècle pour la qualité de ses eaux-fortes.

Il nous a été dit que dans les familles vinonnaises de souche,
il se pourrait bien que l'on puisse en trouver encore une ou deux.
C'est un "on dit" partiellement vérifié.

Quoiqu'il en soit, l'artiste, comme l'indique sa biographie, avait un faible et un don
pour cette technique d'exécution.

Paul BLANC à 70 ans
 
photo extraite du catalogue de ventes

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C'est entre 1885 et 1887 que, tournant résolument le dos à la peinture traditionnelle, Paul BLANC commence à travailler la technique des eaux-fortes. Il a 50 ans et il habite VINON.

L'aveugle et le paralytique - eau-forte de Paul BLANC
 
photo extraite du catalogue de ventes

Reprenons ici un passage de sa biographie qui oriente ce changement :
...cet artiste étrange a passé sa vie à étudier, à observer le caractère des mendiants,
et il a réussi à créer une oeuvre unique en son genre, d'une émotion intense,
qui restera l'un des plus grands documents humains sur la misère...
...sans recueillir jamais aucun profit matériel, sa foi, malgré toutes les atteintes,
fut inébranlable et jusqu'à la fin il a persévéré...


Ayez pitié - eau-forte de Paul BLANC
 
photo extraite du catalogue de ventes

En 1888, il soumet ses premières eaux-fortes à son ami LE HOUX qui le conseille.
En 1889, ses eaux-fortes présentées lors de l'Exposition des Artistes Marseillais
sont l'objet d'articles élogieux.
A son habitude et toujours perfectionniste, il se rend à Paris
pour y étudier les oeuvres de grands maîtres de la gravure.
Cette quête sera récompensée en 1898 par une mention "honorable"
lors d'une exposition au Salon des Artistes Français à Paris.
Il a maintenant 62 ans et son talent trouve sa place
dans toutes les manifestations artistiques du genre : on retrouve ses eaux-fortes à l'Exposition Coloniale de Marseille de 1906 dans la section Art Provençal notamment, mais aussi très régulièrement accrochées aux cimaises dans des galeries marseillaises.

En 1902 à 66 ans, il se réinstalle à Vinon jusqu'à la fin de sa vie.

Nous conclurons ici par l'appréciation de son ami et confrère Valère BERNARD,
parue en 1923, sur l'ensemble de l'oeuvre de l'artiste et sur l'homme lui-même :
"...son art robuste et savant paraissait fruste et tout d'un jet ; il étonnait par sa hardiesse ;
la première impression même en était farouche et dure. Mais quelle chaleur, quelle vie,
quelle émotion sous ces loques, sous ces haillons, sous cette misère terrible qui hurle,
qui mendie, qui s'égaie ou qui pleure. Jamais une telle puissance d'expression n'avait été exprimée sur le cuivre...les gueux de Paul BLANC nous hantent comme un cauchemar... son oeuvre violente et pitoyable, peu faite pour plaire à l'amateur vulgaire, restera comme le plus formidable document humain de la misère. Elle révèle une âme tourmentée, un tempérament énergique et brutal qui ne put se développer avec toute sa sève et qui restera volontairement caché, rebelle aux sophismes et aux complications de la vie. S'il n'avait été un artiste de génie, la société aurait compté un révolté de plus..."


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Même si la reconnaissance de l'artiste a été tardive, sur le 244 sujets recencés
par les soins de son fils Valère et de Pierre RIPERT, constituant l'oeuvre de Paul BLANC,
26 eaux-fortes ont été acquises par divers musées.

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10 par la Bibliothèque Nationale à Paris
qui trouvèrent leur place dans le Cabinet des Estampes,

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10 au Musée des Beaux-arts de Marseille, sis au Palais Longchamp,
où elles sont remisées en caisses pendant la durée des travaux de rénovation
qui sont en cours et finiront en 2013.

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6 au Musée Municipal de Draguignan où elles sont, après avoir été exposées en leur temps,
mises en réserve en 2009.

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