VINON ET LA TRANSHUMANCE


 

 
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- monographie en construction -

Il aura fallu attendre 2004 et la nouvelle munérotation métrique des rues,
à l'occasion de laquelle les anciennes plaques indicatrices ont été remplaçées par de nouvelles,
pour découvrir sur l'une d'entre elles " rue du bayle".
Ni la consultation du Larousse ni celle du Robert ne m'ont éclairé :
qu'est-ce qu'un ou une "bayle" ?
Ce mot est-il issu du provençal ? Ou bien vient-il de plus loin ?
La réponse est arrivée au contact d'anciens qui sont la mémoire vivante du village :
c'est une fonction ou un métier lié à l'élévage du mouton.
Il y a une notion d'autorité et responsabilité sous ce titre de "bayle".
Si on a donné ce nom à ce petit bout de rue, c'est parce que la maison qui la domine
appartient ou appartenait à une famille dont la vie active a été consacrée à ce métier.

Cette référence rappelle au promeneur que Vinon,
comme en témoignent, depuis le XVIIIème siècle, les platanes du Cours
qui auraient été plantés par les bergers d'Arles sur la place
qui servait naguère à abriter les troupeaux,
avant que la mécanisation automobile n'abolisse les distances,
fut une halte ou un point de passage obligé de la TRANSHUMANCE ovine.

Si, aujourd'hui, celle-ci n'est plus visible à Vinon, elle existe toujours.
Il suffit, à partir du 15 mai, de repérer dans le flot de véhicules qui traversent le village,
ces camions spécialement aménagés pour le transport des ovins.
La forme change mais le fond est le même.

Des familles vinonnaises l'ont encore pratiquée récemment
et vont nous en parler un peu plus loin.

 

col. MAR

C'est cette image que nous souhaitons expliquer :
Qui étaient-ils ? D'où venaient-ils ? Où allaient-ils ?

revenons sur le "bayle"
Dans le vade mecum du voyageur en Camargue,
" le bayle-gardian est un gardian salarié.
Après le propriétaire, il est le responsable de la "manade".
On dit aussi "lou baffle", le chef. Le synonyme de "bayle" est contremaître."


qu'elles étaient les fonctions du "bayle" ?
Dans "voyage dans la vallée de Barcelonnette"
de Christophe de Villeneuve-Bargemont ( 1771 - 1829 ), il est dit :
"chaque troupeau est administré par un chef désigné sous le nom de bayle ;
il a sous lui un adjoint, et, en outre, un berger
pour ce qu'on appelle "dix trenteniers" de moutons.
Plusieurs particuliers groupent au départ leurs troupeaux et lorsque l'association est convenue, les bayles se réunissent et l'un d'eux est désigné pour la direction générale du voyage,
et surtout pour recevoir et compter l'argent.
On lui donne pour adjoint un autre bayle, qui prend le titre de bayle-comptable ou escrivan : et c'est à celui-ci qu'est confié le soin de tenir les écritures et de contrôler toutes les dépenses. Il va ordinairement en avant, pour traiter avec les propriétaires chez lesquels se fait la couchée ; il détermine les mesures à prendre pour empêcher le dégât et règler les indemnités dues pour les désordres qui auraient lieu malgré ses soins.
Le bayle général,
environné de tous ceux qui dirigent en particulier les autres troupeaux,
se tient vers le centre de l'association, où sont aussi les femmes, les enfants
et, les bagages portés par des ânes."

 

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